Systémique et Étiopathie
La théorie générale des systèmes s'adapte assez
exactement à la représentation et à l'étude du vivant
tel que le conçoit l'Étiopathie. L'individu est un système
ouvert, à fonction endotrope et exotrope, composé d'un ensemble
d'éléments en interaction, eux-mêmes sous-systèmes
formés d'autres éléments.
Quel que soit le niveau considéré, le système est d'abord
une structure à laquelle va correspondre une fonction. On peut même
dire que la fonction est directement liée à la structure du système,
qu'elle lui est inhérente, et que toute atteinte de la structure amène
une modification de la fonction. De même, un empêchement forcé
d'une des fonctions d'un système se répercutera inévitablement
aux dépens de sa structure. Chez le vivant, structure et fonction forment
un tout, concept premier pour une appréhension logique de la pathologie.
Il n'y a pas de fonction sans structure. La structure est déterminée
génétiquement et la fonction qu'elle amène résulte
de cette détermination et des variables d'entrées en provenance
du milieu extérieur. Autre point important, la systémique permet
de prendre en considération, non seulement les données quantitatives
d'un élément, mais également les données qualitatives
qui le définissent. Cette notion est d'autant plus capitale que les données
quantitatives sont rarement atteintes ou seulement approximatives en pathologie.
La systémique représente une conception universelle et une organisation
de la pensée scientifique qui s'applique parfaitement à l'étude
mécaniste du vivant et de sa pathologie. Elle sert de cadre pratique
au raisonnement étiopathique.

Cybernétique et Étiopathie
L'Étiopathie retient pour modèle la cybernétique en tant
que celle-ci réunit mécanisme, systémique et théorie
de l'information pour une tentative de réification théorique du
vivant en analogie avec la machine. La cybernétique qui conduit, dans
son expression technologique, à la robotique, a fait progresser cette
dernière par la maîtrise du contrôle des automatismes et
par le développement de l'intelligence artificielle. La biologie et la
physiologie du système nerveux ont plus particulièrement profité
de ces avancées considérables. L'Étiopathie a parfaitement
intégré toutes ces données qu'elle transpose non seulement
à la compréhension du système nerveux, mais à celle
de l'organisme tout entier considéré comme un système ouvert
en interaction avec son environnement.
L'étude analogique entre l'organisme et la machine permet de comprendre
ou d'établir l'existence de certaines fonctions et leur rôle, que
ce soit pour la vie végétative, les fonctions cérébrales
ou le comportement. C'est ainsi, par exemple, que les explications classiques
sur le mécanisme de la circulation du sang se sont révélées
fausses et que la recherche en Étiopathie a établi l'existence
d'une fonction capillaire et veineuse autonome, chargée d'assurer le
retour du sang au cœur.
Cette approche de l'organisme et de sa pathologie, permet d'aborder clairement
le lien entre le phénomène anormal et sa cause et, en établissant
celle-ci, d'envisager le moyen de la réduire afin de normaliser le système.
Dans l'exemple qui précède, un grand nombre de phénomènes
pathologiques dont la cause était jusqu'à présent restée
ignorée, ont reçu une explication logique et une solution pratique.
Exemples de modèle cybernétique aidant à la compréhension
de certaines fonctions et de certains états.
La réalité anatomo-physiologique de la « boîte noire
»
n’est pas prise en compte.
Exemple 1

Modèle ou systémique et cybernétique se complètent
pour une explication schématique du comportement :
- la mémoire est arbitrairement divisée en quatre systèmes
regroupant chacun des éléments informatifs appartenant à
une même classe ;
- ces quatre systèmes ouverts sont mis en interaction par l'intermédiaire
de deux autres systèmes : l'un de réception de l'information déclenchante
en provenance du milieu extérieur ; l'autre d'analyse et de décision
;
- l’ensemble fonctionne selon un mode automatique, comme une intelligence
artificielle. La fonction endotrope de chaque système détermine
sa fonction exotrope en fonction de ses données internes. Des diverses
informations qui parviennent au centre de tri et de décision, ce sera
la plus performante qui s'imposera, parviendra au système effecteur et
déterminera le comportement.
Diverses possibilités apparaissent clairement :
- l'information en provenance du milieu extérieur, le signal déclenchant,
est suffisamment intense et elle franchit directement les relais pour aboutir
au système effecteur.
- au contraire, le signal est relativement faible et les différentes
mémoires sont alertées, interrogées en quelques sortes.
Différentes réponses parviennent au centre d'analyse et de décision
et ce sera la plus performante qui en ressortira et viendra informer le système
effecteur.
On voit tout l'intérêt de ce modèle pour la compréhension
de nombreuses pathologies : accidents dus aux automatismes (les conditions changent
et ne sont pas analysées), opposition de deux informations de même
intensité en provenance de deux mémoires différentes etc.
D'après Christian Trédaniel, in Principes fondamentaux pour une
médecine étiopathique.
Exemple 2

Ce modèle est conçu de telle sorte qu'il permet de prendre schématiquement
en compte les mécanismes qui interviennent dans la réflexion.
Il montre des éléments de réponse à des questions
importantes concernant la décision, le libre arbitre, le rêve ou
d'autres comportements, leurs pathologies et les possibilités thérapeutiques.
Il fait entrer en jeu un nouveau système appelé mémoire
réflexive, qui a pour fonction endotrope de recevoir les informations
insuffisamment performantes pour stimuler le système effecteur. La fonction
exotrope du système consiste à interroger les différentes
mémoires, dont certaines additionnelles comme les mémoires visuelles,
auditives etc. Le phénomène de rétroaction engagé
entre les différents systèmes va se poursuivre jusqu'à
ce que les éléments nécessaires soient recueillis pour
que l'information primitive devienne par complémentarité ou par
modification, suffisamment performante pour s'échapper de la mémoire
réflexive et venir stimuler le système effecteur, déclenchant
ainsi le comportement.
On comprend l'impression de vécu laissée par ce temps de réflexion,
impression qui peut se transformer en véritable sensation après
la stimulation et la réponse des différentes mémoires sensorielles.
Cette attente est le plus souvent, à tort, interprétée
comme une réflexion précédant et aboutissant à la
volition.
On voit tous les développements auxquels peut donner lieu ce modèle,
et les analogies qui s'établissent avec la robotique.
Exemple 3
Dans les deux modèles qui précèdent, les contraintes anatomo-physiologiques
ne sont pas prises en compte. Ils sont construits à partir de résultantes
constatées et, si leur utilité ne peut être mise en cause
pour la compréhension d'un certain nombre de phénomènes,
leur réalité anatomo-physiologiques est inexistante. Pour permettre
la compréhension d'autres phénomènes restés inexpliqués,
il est nécessaire de sortir de la conception classique du système
nerveux central qui repose entièrement sur le modèle encéphalocentrique
et de tenter un nouvel essai de modélisation fonctionnelle tenant compte
de l'existence et du rôle primordial des structures concernées.
Comme on le voit dans le schéma élémentaire qui suit, le
rôle totalitaire classiquement alloué à l'encéphale
est remplacé par celui de milliards de capteurs, source de toutes informations
et sans lesquels aucun système biologique ne saurait exister. Par cette
nouvelle modélisation, le dualisme latent entre psychisme et soma n'a
plus aucune raison d'être, seules existent un certain nombre de structures
caractérisées non seulement par leur arrangement anatomique mais
aussi par la fonction qui leur est inhérente. Le système nerveux,
qu'il soit périphérique ou central, n'est plus qu'un système
de conduction qui permet une somme d'interactions entre capteurs d'une part
et capteurs et systèmes effecteurs d'autre part. Une des résultantes
de ces interactions réside dans le constat qui peut en être établi
et qui est le plus souvent désigné sous le terme de psychisme,
celui-ci étant censé être formé d’une entité
indépendante. Il en va de même de l'existence d'un certain nombre
de facultés ou de centres dont les vertus invoquées sont censées
être expliquées par les effets constatés. Ces données
classiques ne peuvent apparaître que fictives par rapport à une
réalité anatomo-physiologique. Cette nouvelle modélisation
amène à une relecture du système nerveux.
Ce schéma permet de rendre compte, de manière très simplifiée,
du mécanisme élémentaire de mémorisation d'informations
d'abord captées par des récepteurs puis conservé sous forme
de circuits synaptiques multiples susceptibles de permettre le rappel, par rétro-excitation
des récepteurs originels, de chacunes des informations qui appartiennent
à l'ensemble ainsi mémorisé. Dans ce modèle, ce
n'est pas le signal qui est engrammé, mais le chemin qu'il a emprunté
qui se connecte à l'ensemble concerné qui se trouve durablement
établi. L'ensemble obtenu ainsi schématisé, peut aussi
rendre compte du mécanisme de la conceptualisation : E1...E2...E3...
Le modèle devient évolutif par adjonction à cet ensemble
d'un élément le désignant sous la forme d'un ou de plusieurs
sons. Il s'ensuit un enchaînement qui va permettre de rendre compte du
mécanisme du langage parlé comme de celui du langage intérieur,
sur le mode associationniste, un ou plusieurs éléments étant
communs à plusieurs ensembles....
Le même modèle va permettre d'envisager sur un mode positif une
suite de problèmes anatomo-physiologiques et pathologiques restés
jusqu'alors sans réponse.
Pour plus d'informations consulter : « Essai pour un modèle
fonctionnel de la mémoire », in R.I.M.E n° 25 par
Christian Trédaniel et « De la perception de soi par soi »
par Jean-François Gautier, R.I.M.E n° 27, Avenir des Sciences.
© Étiopathie 2008